Que faire après une agression d'un groupe d'extrême droite ?

- À la gare, au kiosque, à l'école, dans les clubs de jeunes, dans le bus. Ils se définissent comme nationaux, patriotiques, de droite ou simplement comme les meilleurs. Ils font preuve de vulgarité, poussent, frappent. Ils se réfèrent à votre apparence, à votre comportement ou à votre engagement politique.

Vous ne correspondez pas à l'image qu'ils se font de la vision du monde selon l’extrême droite en raison de votre origine, de votre couleur de peau, parce que vos pensées sont plus de gauche, parce que vous êtes un skater, un punk ou autre, ce qui ne leur paraît pas suffisamment "allemand". C'est pour toutes ces raisons qu'ils vous agressent. Ils veulent dominer et imposer leurs valeurs, leurs marques de vêtement et leur style, par intimidation, mais aussi par violence.

Beaucoup de ceux qui ne sont pas des extrémistes de droite connaissent cette situation. Et il n'est pas toujours facile de trouver du soutien et d'être pris au sérieux. Les préjugés et les attitudes d'extrême droite ne sont malheureusement pas un phénomène marginal dans la société.

Les grossièretés de ces extrémistes et leur violence ne s'adressent pas à vous seul : la personne isolée est attaquée uniquement si elle est représentative de sa bande, de son milieu. Ne restez donc pas seul avec le stress. Soutenez les autres personnes qui sont harcelées par les partisans d'extrême droite. Face à l’inaction, ils seront encore plus menaçants !

Que devez-vous faire, savoir si vous ou vos amis avez été insultés ou agressés par des extrémistes de droite ?

 

Sur cette page, vous trouverez des conseils et des recommandations :

  • Ce qui est important juste après une agression
  • Avantages et inconvénients d’une dénonciation
  • Comment se déroule une procédure judiciaire ?
  • Qu'est-ce que cela signifie sur le plan financier pour vous ?
  • De quelle manière pouvez-vous gérer vos craintes
  • À quoi devez-vous veiller lors de vos relations avec la presse

Certaines de vos préoccupations tout aussi importantes ne sont pas abordées ici. Par exemple, comment vous comportez en croisant tous les jours les extrémistes de droite à l'école ; comment vous pouvez expulser les nazis du club des jeunes ; ce que vous pouvez faire si, d’après vos parents, vous êtes en partie responsable d’avoir été agressé en raison de votre dégaine.

Nous sommes des centres de consultation pour les victimes de violence d'extrême droite. Nous pouvons également vous aider en cas de problèmes ou vous prendre en charge avec d'autres centres de consultation. Vous trouverez ci-dessous quelques adresses d'organisations qui peuvent vous apporter du soutien.

 

Nous sommes présents pratiquement dans tout le pays. Si vous avez été attaqué par des extrémistes de droite, des racistes, vous pouvez trouver de l'aide auprès de nos services. C'est une proposition. Vous définissez les étapes que vous souhaitez franchir avec nous !

La consultation est gratuite. Tous nos échanges restent confidentiels. Si vous souhaitez qu'aucune autre personne ou membre de votre famille ne soit au courant de votre prise de contact avec nous, votre volonté sera respectée. Notre principe est d’être toujours du côté des victimes qui ont été agressées par les extrémistes de droite.

Nous pouvons discuter avec vous des possibilités juridiques qui s’offrent à vous, vous accompagner au tribunal et auprès des autorités. Nous vous aidons à obtenir des dommages et intérêts. Nous pouvons réfléchir ensemble aux moyens de lutter contre vos peurs et combattre les grossièretés et les attaques d'extrême droite. Quel que soit le problème qui se pose à vous après l'agression : appelez-nous simplement ou écrivez-nous un courriel.

Vous trouverez les données de contact du centre de consultation proche de chez vous en suivant le lien sur chacune des pages.

 

Avez-vous été victime d'une agression d'extrémistes de droite ou de racistes ? Vous devez tout d'abord choisir la personne la plus apte à vous soutenir. Quelqu'un d'autre est-il concerné ou avez-vous entendu parler d'un incident ? Vous devez donc réfléchir aux moyens d’aider cette personne. En premier lieu, il faut identifier la victime. Si vous le savez, vous devez la contacter pour décider comment l’aider et ce que vous voulez faire. Il est important de ne pas rester seul dans ces cas-là. Il est également important de ne pas tout simplement accepter l'agression !

Si vous êtes blessé, vous devez consulter un médecin. Demandez-lui une attestation qui fera état des coups et blessures. Souvent, juste après l'agression toutes les blessures ne sont pas découvertes ou visibles. Certains minimisent aussi ce qu'il leur est arrivé. Tous les dommages doivent être documentés pour une procédure judiciaire ultérieure et une éventuelle demande en dommages-intérêts. Vous pouvez photographier les blessures visibles.

Vous n’arrêtez pas de penser à cette agression ? Vous vous repassez la scène devant vos yeux ou vous êtes pris d’angoisses soudaines : parlez-en à quelqu’un. Les centres de consultation sont à votre écoute.

Vous pensez peut-être ne pouvoir jamais oublier cet évènement. Avec le temps, les souvenirs s'estomperont. Mais pour une audition future, il est utile d'écrire un témoignage. Vous devez y consigner toute la situation et son déroulement avec le plus de détails possible : avec quelle main avez-vous été frappé ? Avec quel pied avez-vous été agressé, avec quels mots avez-vous été insulté et quels vêtements ou signes éventuels portait l'agresseur ?

Décidez si vous souhaitez déposer plainte. Si la police est déjà avertie de l'agression, elle diligentera vraisemblablement d’elle-même une enquête. Sinon, vous pouvez faire ouvrir une enquête en déposant une plainte contre les extrémistes. La police vous interrogera très précisément sur le déroulement des faits. L'entretien sera facilité si vous avez déjà préalablement réfléchi.

Polizei POLICE

Après le dépôt d’une plainte, la police est dans l'obligation de procéder à une enquête qui peut aboutir à une procédure judiciaire. Si les auteurs ne peuvent pas être identifiés, la procédure est malheureusement classée sans suite. Les agresseurs sont accusés et dans le meilleur des cas condamnés pour leurs actes. Sans plainte, le forfait reste inconnu et sans suites pour les extrémistes. Une agression commise par des extrémistes est souvent une situation sur laquelle vous n'avez aucun contrôle des faits. Une plainte peut être une première étape pour reprendre le contrôle et agir soi-même.

Beaucoup d'extrémistes misent sur le fait que personne ne les dénonce. Cette inaction leur permet de poursuivre leurs forfaits impunément. En les dénonçant, vous leur signifiez clairement votre intention de ne pas vouloir être intimidé. Ce qui peut les amener à vous respecter !

Si vous déclarez un acte de violence commis par des extrémistes, l'agression sera reprise dans les statistiques et pourra être publiquement abordée, notamment par nos centres de consultation. Face à des plaintes pour agressions extrémistes, personne ne peut affirmer : cela n’arrive pas dans notre ville...

Vous hésitez à porter plainte, craignant la vengeance des extrémistes ? Il est vrai qu’en général la personne dénoncée est informée de l’identité de l'auteur de la dénonciation. C’est embarrassant. D'un autre côté, une plainte a un effet dissuasif sur les extrémistes. Pour la plupart des prévenus, chaque tentative d'intimidation à votre encontre ou à l'encontre d'autres témoins a un effet négatif sur la procédure pénale en cours. Les menaces à l'encontre des témoins sont prises au sérieux par la police et le ministère public.

Si vous hésitez, nous pouvons parler ensemble des avantages et des inconvénients d'une plainte dans votre propre cas.

Si, à la suite d'une agression d'un groupe d'extrême droite, vous souhaitez que les auteurs des faits soient traduits devant la justice, vous devez déposer une plainte. Déposer une plainte signifie porter les faits à la connaissance de la police ou du ministère public. Le mieux est de déposer la plainte le plus rapidement possible après les faits. Les chances sont alors plus grandes d’identifier les auteurs des faits. Mais, il est toujours possible de déposer plainte ultérieurement. En procédant à la dénonciation pénale, vous devez également porter plainte. Certaines infractions sont poursuivies uniquement lorsqu’en tant que partie lésée, vous avez signifié votre intention dans la dénonciation pénale. Ceci est valable uniquement jusqu'à trois mois après les faits.

En tant que victime, vous êtes le principal témoin. Vous êtes souvent entendu sur le déroulement des faits après la dénonciation. La police souhaite connaître précisément les faits. À cette fin, le fait de consigner ce qu'il s'est passé dans un témoignage vous sera utile.

La police doit confirmer avoir reçu la dénonciation et la plainte pénale. Cette confirmation est indiquée par un « numéro de dossier » qui vous est utile si vous avez des questions sur l'avancement de la procédure. Si vous avez moins de 18 ans, la plainte pénale doit alors être déposée par votre père ou votre mère ou par votre représentant légal.

Si vous n'avez pas reconnu exactement les agresseurs, décrivez-les alors au mieux de vos souvenirs. Si vous n'y arrivez pas précisément, dites-le à la police, ce n'est pas un problème.

Nous pouvons également vous accompagner à la police.

Outre l'agression physique, d'autres agissements et symboles peuvent faire l’objet de poursuites conformément au Code pénal allemand (CP). Les extrémistes commettent souvent plusieurs délits simultanément que vous pouvez dénoncer.

L'insulte et la menace sont punissables. Si vous avez été contraint par la force ou la menace à faire quelque chose (ou à laisser faire), il s’agit de coercition. C'est aussi punissable.

Le port ou la diffusion de symboles d'extrême droite, les chansons et paroles désignées comme inconstitutionnelles sont interdits. Il s'agit ici, entre autres, de la croix gammée, des symboles SS, de la croix celte ainsi que les saluts nazis (« Heil Hitler ») et le salut hitlérien. Les symboles des néonazis qui ont été interdits, tels que « Blood and Honour » en font partie.

Le fait pour les partisans d'extrême droite de nier les crimes nazis, en particulier l'extermination dans les camps de concentration, est punissable. La même règle s'applique aux déclarations qui définissent des groupes de personnes (par ex. les étrangers, les juifs, les handicapés, les SDF) comme des sous-hommes et nient leurs droits. C'est de l’incitation à la haine (Art.130 du CP).

En dénonçant ces faits, c'est une façon de calmer les ardeurs des militants d'extrême droite et de fournir à la police une occasion d’intervenir. Si vous êtes témoin d’une injure raciste à l’encontre d’une personne, une plainte peut également être une forme d'intervention.

Si vous avez des doutes si un agissement ou une remarque est punissable, vous pouvez simplement nous appeler et nous le demander.

Beaucoup de policiers sont contre les militants d'extrême droite et sont très corrects. Il peut cependant arriver que les jeunes ne soient pas pris au sérieux par les fonctionnaires de police. Parfois des jeunes sont rendus responsables d’une agression de militants d'extrême droite - particulièrement lorsque les policiers constatent que vous êtes de gauche ou punk. Pour éviter des situations stupides où les préjugés entrent en jeu, faites-vous accompagner par vos amis ou vos parents. Portez plainte à l'aide d'un témoignage écrit, pour ne pas être déstabilisé.

En cas de comportement incorrect de la police, par ex. s'ils refusent votre plainte ou sous-entendent que vous êtes fautif, vous devez réagir.

Il existe différentes possibilités de se défendre face à un comportement inadapté des fonctionnaires de la police. Il pourra s’agir d’un entretien avec les autorités ou le supérieur hiérarchique ou le dépôt d’une plainte disciplinaire. Dans ce cas, il est important de réfléchir auparavant au résultat que vous souhaitez et d’être aidé dans cette démarche. Se quereller seul avec une autorité apporte peu et est plutôt frustrant.

Si vous êtes maltraité par la police, nous pouvons demander un entretien avec eux ou vous aider à porter plainte.

Il peut arriver que les militants d'extrême droite portent plainte contre vous. Vous n’êtes pas pour autant considéré coupable devant la justice. En cas de dénonciation, la police doit d'abord enquêter.

Dans un tel cas, un avocat peut vous aider à y voir plus clair. Si vous soupçonnez que des militants d'extrême droite vous ont dénoncé, il est judicieux de dénoncer l'auteur des faits en apportant votre point de vue sur le déroulement des faits dans le dossier d'instruction.

Si les militants d'extrême droite ont porté plainte contre vous, la police vous assignera probablement (aussi) à comparaître en tant que prévenu. Ils doivent toujours vous informer sans délai si vous êtes interrogé en tant que partie concernée (témoin) ou en tant que prévenu. C’est une information capitale. Car en tant que prévenu, vous êtes dans une autre situation et bénéficiez d'autres droits. Par exemple, vous ne devez pas témoigner contre vous-même et devez refuser de témoigner.

En principe, vous disposez d’un droit légitime de défense. C’est votre bon droit de vous défendre contre une agression d'extrémistes de droite et ce n’est pas punissable. Si votre défense n'est pas reconnue par la police ou le tribunal comme légitime, l’affaire peut devenir compliquée. Si vous vous êtes défendu et avez éventuellement blessé l'agresseur, parlez-en avec votre avocat. Il vous indiquera le comportement à adopter lors de l'interrogatoire ; il peut aussi vous accompagner au poste de police.

Nous connaissons des avocats spécialisés qui peuvent vous assister.

GerichtTRIBUNAL

 

La police procède à l'enquête seulement plusieurs semaines, voire plusieurs mois après la plainte. Ensuite, les actes avec les conclusions de l'enquête du ministère public vous sont soumis et ils peuvent encore donner lieu à un complément d'enquête demandé par le ministère public. Si vous n'avez pas d'avocat, aucun document ne vous sera communiqué de la procédure d'instruction hormis votre déposition. Vous recevrez, dans les temps, une lettre du ministère public vous informant que la procédure est abandonnée (parce que, par exemple, personne n'a pu être interpellée) ou vous citant devant la Cour en tant que témoin. Vous serez alors entendu comme témoin "normal" : vous serez appelé à un moment précis à comparaître à l’audience et devrez témoigner en présence de l'accusé, de son défenseur, du juge et du procureur. Tôt ou tard arrivera le prononcé du jugement. Voilà.

Si vous vous décidez de vous faire représenter par un avocat, à savoir vous constituer partie civile lors de la procédure, le déroulement est différent. Par l'intermédiaire de votre avocat, votre représentant comme partie civile, vous pouvez consulter les actes avant la procédure judiciaire. Vous pouvez, par exemple, prendre connaissance à l’avance des déclarations faites par les partisans d'extrême droite à la police. Vous pouvez également contrôler si toutes les informations importantes que vous avez fournies en tant que témoin sont mentionnées dans le dossier. Votre avocat peut aussi demander une réquisition de preuves avant et durant la procédure. Il peut ainsi s'assurer que le contexte juridique du délit est clairement établi et empêcher que l'agression ne soit interprétée comme une confrontation apolitique entre jeunes.

En tant que représentant de la partie civile, votre avocat est présent au procès. Il peut poser des questions aux accusés, aux témoins et aux experts. En tant que partie civile, vous pouvez aussi siéger dès le début de la procédure. Comme vous êtes aussi témoin, il est parfois préférable de prendre place dans le prétoire après avoir fait votre déclaration. Ainsi, vous affirmez clairement ne pas être influencé par les autres déclarations. Votre avocat reste à vos côtés lors de l'interrogatoire des témoins. Il peut rejeter les questions tendancieuses ou provocatrices des défenseurs, c’est-à-dire les avocats des partisans d'extrême droite.

Pour se constituer partie civile, les accusés doivent être âgés de plus de 18 ans à la date des faits. De plus, il n’est pas possible de se constituer partie civile en cas de coercition, de menace, d'incendie criminel et de dommages matériels. Si vous avez été insulté ou frappé, vous pouvez vous constituer partie civile dans tous les cas. Si vous avez moins de 18 ans, l'avocat ne peut être mandaté que par vos représentants légaux, votre mère, votre père ou d’autres représentants légaux.

Telle est la situation en 2017. Les conditions juridiques pour se constituer partie civile peuvent toujours changer. Il est donc préférable de nous demander conseils ou d'interroger votre avocat.

Si vous souhaitez vous constituer partie civile, nous vous aidons à trouver un avocat compétent.

L’affaire est présentée devant la Cour dès que la police et le ministère public ont terminé l'enquête. Celle-ci décide si l’administration des preuves suffit pour ouvrir l'audience principale. Si l'audience principale est ouverte, tous les participants à la procédure et les témoins sont informés par écrit de la date de l'audience. Beaucoup de temps peut s’écouler jusque-là, parfois jusqu'à deux ans. Lorsqu'un accusé est en détention préventive, la Cour doit, en principe, ouvrir le procès dans un délai de six mois.

À l'audience principale, les personnes suivantes sont présentes : d'un côté, les accusés avec leurs avocats et de l’autre côté, le procureur qui met en accusation dans l’intérêt de l’État. En vous constituant partie civile, votre avocat s'assied à côté du procureur général et vous prenez place à côté. Les juges siègent devant, et en fonction de la gravité du délit, sont aussi présents un ou deux juges professionnels et deux juges non professionnels (échevins). De plus, sont présents un greffier, éventuellement un expert qualifié et un représentant de la protection judiciaire de la jeunesse.

Si les accusés sont âgés de plus de 18 ans, une audience publique est autorisée. Dans ce cas, pensez au cercle de vos connaissances que vous pouvez mobiliser. La présence de vos amis peut vous faciliter l'expérience d'une situation pesante. Ce n'est pas simple de s'asseoir et de parler en face de ses agresseurs. Il peut aussi être désagréable que leurs "camarades" soient présents dans le public. Mais si vos amis viennent en nombre suffisant et à l'heure, il n'existe plus de place pour les camarades partisans !

Pour votre déposition pénale, vous devez prendre place derrière une petite table, au milieu de la salle d'audience. C'est un peu désagréable, mais inévitable. Ne vous laissez pas irriter par les extrémistes à côté de vous. Concentrez-vous sur les juges. Il est aussi possible de déposer une demande d’assistance à témoin, ce qui permet à une personne, durant votre déclaration de s'asseoir à côté de vous et de vous faciliter la situation. Après votre déposition, vous pouvez vous asseoir soit dans le public soit à côté de votre avocat.

Gericht

A Président du tribunal
B Juge assesseur
C Échevins
D Ministère public
E Représentation partie civile
F Expert qualifié
G Témoins
H Greffier
I Défenseur
J Accusé
K Public

Malgré l’interrogatoire au poste de police, la Cour vous posera à nouveau des questions plus détaillées sur les faits. Ne vous laissez pas déstabiliser. C'est normal, cela ne signifie pas qu’on ne vous a ni écouté ni cru. Détails - Dans quelle main, l'auteur des faits tenait-il la bouteille ? Le nombre de secondes écoulées entre le bruit émis et le coup jouent un rôle important dans l'évaluation judiciaire. La raison en est formelle : La Cour peut uniquement prendre en compte les faits qui ont été à nouveau invoqués dans l'audience principale. Tous les participants au procès peuvent vous poser des questions, d’où ces répétitions. Les avocats des accusés vous interrogeront également. Leur tâche est de défendre les extrémistes et de vous faire passer pour un témoin non crédible. Les questions qui vous seront posées s’orientent donc dans ce sens. Plus le juge vous interroge et vous y répondez, moins il reste de temps pour interroger la défense. Si vous vous constituez partie civile, votre avocat peut intervenir lorsque la défense du partisan d'extrême droite pose des questions incongrues.

Si vous le souhaitez, nous pouvons en parler avant l'audience, pour vous informer de ce qui vous attend. Nous vous accompagnons également lors de l'audience au tribunal.

PolizeiARGENT

 

Si vous avez été blessé au cours d’une agression et devez bénéficier de soins médicaux de longue durée, ou si les conséquences de l'agression persistent longtemps, vous pouvez déposer une demande d'aide sur base de la loi d'indemnisation des victimes. L'Office national de la sécurité sociale et de la prévoyance est compétent dans ce domaine.

Les offices de prévoyance prennent en charge les coûts des traitements médicaux que la caisse d’assurance maladie ne paie pas. Si vos lunettes ont été cassées, vous pouvez demander le remboursement de nouvelles. Les demandes sont recevables durant toute la vie. Si, par exemple, des années plus tard après une agression, une opération dentaire est nécessaire, celle-ci sera prise en charge.

Vous obtiendrez le formulaire de demande auprès de l'Office national de prévoyance. Vous devrez leur soumettre à nouveau la demande où vous devez décrire le déroulement des faits, les suites médicales et joindre les attestations médicales.

La condition préalable est que vous ayez déposé plainte. Si vous avez moins de 18 ans, la demande doit être signée par vos représentants légaux.

Vous pouvez également vous procurer le formulaire de demande auprès de nos services et nous vous aiderons à le remplir.

En tant que victime d'un acte de violence commis par des extrémistes, vous n'avez pas à payer pour défendre vos droits. Pour le financement, plusieurs demandes sont envisageables. Si vous êtes âgé de moins de 18 ans, les demandes doivent être signées par votre mère ou votre père ou votre représentant légal. Dans de nombreux cas, les demandes constituent plutôt une garantie pour vous. En effet, si l'accusé est condamné par une décision ayant force exécutoire, il doit alors régler tous les frais de procédure, donc également vos frais d'avocat ! Il est cependant important de déposer les demandes auparavant pour qu'à la fin vous n'en soyez pas pour vos frais.

AIDE JURIDICTIONNELLE

Si vous n'avez ni salaire élevé ni biens, vous avez droit, en règle générale, de bénéficier de l'aide juridictionnelle. La caisse du tribunal prend alors en charge vos frais d’avocat. Votre avocat peut vous transmettre le formulaire et vous l’expliquer. Si vous avez moins de 18 ans, les salaires et les biens de vos parents peuvent être pris en compte. Dans la majorité des cas, cela n'est pas ainsi.

ASSOCIATION ALLEMANDE DES AVOCATS

En cas de refus de la demande d'aide juridictionnelle, les victimes de délits de partisans d'extrême droite peuvent recevoir de l'argent de l'association allemande des avocats (DAV). Votre avocat peut en faire la demande.

WEISSER RING

L'organisation fédérale Weißer Ring aide les victimes de délits. Vous pouvez y obtenir un "bon" de consultation juridique avec lequel vous pouvez régler la première consultation de votre avocat. Lorsqu'un financement ne peut pas être obtenu d'un autre organisme, le Weiße Ring peut parfois payer les frais de partie civile, après avoir vérifié sa situation financière.

REPRÉSENTATION JURIDIQUE POUR LA CONSTITUTION DE LA PARTIE CIVILE

En cas de délits particulièrement graves (par ex. tentative d’assassinat), la représentation de la partie civile peut être demandée par le tribunal. Dans ces cas, les frais d'avocat sont, dès le début, pris en charge par l'État.

Nous vous expliquons ce que vous pouvez demander et à quels organismes s’adresser et vous aidons pour l'établissement des demandes.

Une procédure pénale vise à établir le délit et à condamner l'auteur des faits à une peine. Vos droits en tant que personne blessée, par ex. en dommages-intérêts et en réparation du préjudice moral ne jouent, à eux seuls, aucun rôle. Vous devez les faire valoir dans une procédure propre qu'on appelle procédure civile. Il est possible de relier la procédure civile avec la procédure pénale, c'est-à-dire faire valoir en même temps vos droits envers l'auteur des faits. Une telle liaison s'appelle plainte avec constitution de partie civile et doit être déposée par votre avocat. Elle comporte certains avantages et inconvénients. Le mieux est d'en discuter avec votre avocat.

Normalement, vos droits en dommages-intérêts et en réparation du préjudice moral sont traités dans la procédure civile. Votre avocat peut initier une telle procédure en déposant une plainte civile auprès du tribunal civil. Ce qui a du sens si la procédure pénale est déjà en cours et que les extrémistes ont été condamnés par une décision ayant force exécutoire. Si c'est votre cas, vous pouvez tenter cette procédure en portant plainte au civil contre l'auteur des faits.

Mais un problème peut se présenter : si l'auteur des faits ne possède ni argent ni biens, même la meilleure décision judiciaire ne vous servira à rien. Tant que rien n'est recouvré auprès des auteurs des faits, vous n'en obtiendrez rien. Une indemnisation pour les victimes de violences commises par des partisans d'extrême droite peut être une alternative à une procédure civile.

Si le procès civil a des chances de réussite, vous disposez des mêmes possibilités de financement des frais d'avocat qu'en cas de procédure pénale.

Nous pouvons vous indiquer les avocats spécialisés en droit civil et vous aidons à financer votre plainte.

L'Office fédéral judiciaire offre une façon simple d'obtenir une indemnisation. Vous pouvez y déposer une demande en signalant l’incident et ses conséquences.

Sont visés les dommages corporels et les traumatismes psychologiques. Si, depuis l'agression, vous souffrez de troubles du sommeil, de cauchemars ou d’accès de peur, vous devez le mentionner. Les attestations médicales doivent toujours être jointes à la demande ! L'Office fédéral vérifie le contexte juridique des faits se rapportant à la demande et au dossier d'instruction. C’est bien, mais il n’est pas nécessaire que les faits soient déterminés par la police ou un tribunal. Si le délit commis par des extrémistes de droite est clairement défini, vous pouvez déposer une requête lorsque l'auteur des faits n'a pas été appréhendé. La condition préalable est que les faits aient été signalés. L'Office fédéral vous verse alors une indemnité symbolique, mais est tenu alors à porter plainte contre l'auteur des faits.

Nous pouvons vous aider à remplir la demande.

Angst PEUR

 

Une agression est souvent inattendue. Lorsque les agresseurs ont laissé tomber, cela ne signifie pas que vous avez surmonté l’agression. Les réactions après coup diffèrent d'une personne à l'autre. Dans un premier temps, de nombreuses victimes agressées ont des cauchemars et ne se sentent pas en sécurité. Certaines sont paniquées en se retrouvant sur le lieu de l'agression ou en voyant des partisans d'extrême droite dans la rue. De telles séquelles ne sont pas rares. Le psychisme, mis en alerte, est sollicité pour traiter le sentiment d’insécurité quotidien. Ne restez pas seul : soyez entouré par des personnes pour partager votre expérience, même si vous préférez l'oublier le plus vite possible.

Si, après quelques semaines, aucune évolution n’est constatée, si les images continuent à vous obséder ou si souffrez de troubles du sommeil, si vous n’osez plus sortir dehors, car vous ne vous sentez pas bien, si vous avez des problèmes de concentration ou vous sentez irritable de façon inhabituelle, vous devez consulter.

Pour des blessures visibles, on consulte tout naturellement un médecin. Les suites psychologiques sont invisibles. Ces blessures elles aussi doivent être soignées et être prises en charge dans le cadre de votre guérison. Celles-ci ne doivent pas être sous-estimées !

L'aide aux victimes propose des entretiens de consultation gratuits. Les thérapeutes peuvent vous conseilleront sur la meilleure méthode pour faire face à vos peurs.

Si vous le souhaitez, nous vous aidons à trouver des conseils adaptés ou une thérapie. Si nécessaire, nous nous occupons aussi de la prise en charge des frais.

ÖffentlichkeitRELATIONS PUBLIQUES

 

Les médias s'intéressent aux agissements d'extrême droite et notamment à leurs actes délictueux. Ils ont également un droit d'informer le public à ce sujet. De ce fait, ils informent sur les délits indépendamment du fait que la victime soit d'accord ou non. Les journalistes écrivent également volontiers des articles sur les victimes d’agression.

Quels en sont les avantages ? Une grande partie de la société refuse de considérer la violence des extrémistes de droite comme un problème. De nombreux élus locaux minimisent le fait qu'il existe un extrémisme de droite dans "leur commune". L’affirmation selon laquelle " cela n'existe pas chez nous" renforce les extrémistes. Si vous vous affichez en tant que "victime" en public, cet argument ne correspond plus à la réalité et vous pouvez alors contribuer à ce que le problème de la violence d'extrême droite soit pris au sérieux.

Quels en sont les inconvénients ? Si vous vous affichez en public, vous serez confronté à d'autres attentes. Vous serez considéré, du moins chez vous, au lieu de votre domicile, et pour un certain temps comme une "personne publique", votre comportement sera observé et jugé. Ce qui peut être désagréable.

En cas d’agression, vous devrez décider si vous souhaitez que les faits de l’infraction et votre nom soient évoqués. En général, vous ne pouvez pas empêcher la divulgation des faits dans les médias. Cependant, les journalistes ne peuvent pas citer votre nom complet dans le journal, publier des photos de vous ou dévoiler des faits sur votre vie privée sans votre accord. C'est votre droit qui s'applique sans restriction et de manière illimitée, tant que vous ne vous affichez pas publiquement.

Si vous et vos amis avez été agressés par un groupe d'extrême droite et souhaitez soutenir d'autres victimes, vous devez préalablement leur demander leur accord. C’est également le cas en rendant une agression publique sans citer les noms des agresseurs. Si l’incident n'est pas encore connu, les journalistes s’adresseront à vous. Ils préfèrent toujours parler avec les victimes. Si vous ne leur communiquez pas le nom du contact, ils cherchent eux-mêmes à l’identifier. Si l’incident n'a pas été signalé, la police peut vous demander quelles sont les victimes.

Des actes de violence sont souvent rapportés, mais le contexte politique est passé sous silence. Cela tient souvent au fait que les uniques sources sont les rapports de la police et du ministère public. Ils ne donnent pas de précisions officiellement avant la fin de l'enquête. Parfois, la police n’attache aucune importance aux contextes politiques. En rendant l’incident public, vous pouvez apporter votre point de vue dans les médias et contribuer ainsi à une évolution des mentalités dans l’opinion publique.

Nous pouvons vous conseiller dans vos relations avec les médias, vous aider à prendre contact avec les journalistes ou les éviter.

Souhaitez-vous rapporter dans les médias les agressions de groupes d'extrême droite dont vous ou vos amis ont été victimes ? Il existe de nombreux moyens de les rendre publiques. Il peut s’agir d’un entretien avec un journaliste, une présentation à l'école, une démo ou une intervention lors d'une réunion du conseil municipal. Généralement, vous disposez des meilleurs atouts en recherchant des alliés qui apportent leur soutien à l'affaire avant de la rendre publique dans les médias. Vous devez décider quelle est la forme la plus adaptée. Réfléchissez aux points suivants :

  • Quel est le but à atteindre ?
  • À qui s'adresser ?
  • Avec qui souhaitez-vous collaborer ? (Union de tolérance, organisation syndicale, initiative en faveur des réfugiés, antifascistes, églises, partis). 

Toutes les parties concernées, notamment les victimes, doivent choisir le moment de la divulgation au public ! Le plus grand intérêt est d’en parler immédiatement après l'agression, au début du procès ou au prononcé du jugement.

En tant que victime, vous pouvez décider de rester ou non anonyme. Parlez-en avec un journaliste si vous décidez de le rester.

La protection des droits de la personnalité s'applique à vous en tant que victime, mais aussi aux partisans d'extrême droite. Même si, après une agression, vous connaissez les auteurs des faits, tant qu’ils ne font pas l’objet d’une condamnation définitive, ils sont légalement considérés comme innocents. Dans les médias, ils sont généralement désignés comme "suspects" sans indication de leur nom. Lorsque les suspects sont des personnes publiques, comme, par exemple, des fonctionnaires d'organisations d'extrême droite, cette protection est limitée. Dans tous les cas, les extrémistes peuvent porter plainte (et se désigner comme victimes) si vous les nommez en public.

Si vous le souhaitez, nous pouvons vous aider à prendre contact avec d'autres groupes, organisations ou avec la ville et vous donner des conseils sur votre intervention dans les médias.

Les communiqués de presse de personnes privées ne trouvent généralement aucun écho. Constituez un groupe ou prenez l'initiative de savoir si vous pouvez envoyer, dans votre intérêt, un communiqué de presse sous votre nom. Peut-être avez-vous déjà pris contact avec les médias ? Dans vos communiqués, un contact doit toujours être indiqué.

  1. Éveillez l'intérêt par un titre accrocheur.
  2. Répondez aux questions dans le premier paragraphe : qui ? quoi ? quand ? où ? comment ? pourquoi ?
  3. Résumez brièvement, ne développez que votre préoccupation principale et n’indiquez que les informations complémentaires absolument nécessaires.
  4. Mentionnez les faits réels, indiquez le plus possible de sources et n'exagérez pas.

"PIQUE-NIQUE CONTRE LA VIOLENCE ET LES GRAFFITIS NAZIS. La jeunesse antifasciste invite tous les jeunes et les habitants le dimanche 15.6.2008 à 16 heures pour un pique-nique organisé pour lutter contre la violence d'extrême droite au parc Gorki. À cette fin, les inscriptions nazies seront effacées de l’hôtel de ville.

À l'origine de l'action, l'accumulation d’agressions d’extrémistes de droite dans le parc devant l’hôtel de ville. L'an dernier, d’après des recherches dans les archives antifascistes, des jeunes ont été agressés à quatre reprises dans le parc Gorki. Le 23.05.2017, des néonazis ont blessé un élève de 17 ans. De même, depuis fin mai, des graffitis de l'extrême droite s’étalent sur la façade de l’hôtel de ville. Une lettre de la jeunesse antifasciste adressée au Maire de la ville dans laquelle il était demandé leur suppression immédiate est restée jusqu'ici sans réponse.

AdressenADRESSES

 

Bundesamt für Justiz (BfJ)
Referat III 2 – Opferentschädigung
53094 Bonn
Tel.: 0228 99410-5288
www.bundesjustizamt.de

National
INDEMINISATION POUR LES VICTIMES DE VIOLENCES D'EXTRÊME DROITE


CURA Opferfonds
Linienstraße 139
10115 Berlin
Tel.: 030 24088610
info@amadeu-antonio-stiftung.de
www.opferfonds-cura.de

National
Soutien financier pour les victimes de violences d'extrême droite

Deutscher Anwaltverein-Stiftung contra Rechtsextremismus und Gewalt
Littenstraße 11
10179 Berlin
Tel.: 030 7261520
dav@anwaltverein.de
www.anwaltverein.de/downloads/stiftung/rat.pdf

National
Subvention pour les frais d'avocat pour les victimes de violences d'extrême droite

Weißer Ring
Tel.: 116 006
info@weisser-ring.de
www.weisser-ring.de

Interlocuteurs nationaux, régionaux sur le site web
Chèque pour consultation pour un premier conseil juridique gratuit pour les victimes de violence

 

Arbeitskreis der Opferhilfen in Deutschland e.V. (ado)
Oldenburger Str. 38
10551 Berlin
Tel.: +49 (0)176 - 60357576
info@opferhilfen.de
www.opferhilfen.de

National, cercle de travail. Peut mettre à disposition des interlocuteurs dans les différents Länder
Indication d'un conseil psychologique pour les victimes de violences

Antifaschistisches Pressearchiv und Bildungszentrum Berlin (apabiz)
Lausitzer Straße 10
10999 Berlin
Tel.: 030 6116249
mail@apabiz.de
www.apabiz.de

National
Informations et offres de manifestations sur l'extrême droite

 

Éditeur du site :


Verband der Beratungsstellen für Betroffene rechter, rassistischer und antisemitischer Gewalt e.V.
Beusselstr. 35 (HH)
10553 Berlin
Tel.: 030 - 55 57 43 71


info@verband-brg.de
www.verband-brg.de

 

Éditeur de la brochure :


Opferperspektive e.V.
Rudolf-Breitscheid-Str. 164
14482 Potsdam
Telefon: 0331 8170000
Telefax: 0331 8170001


info@opferperspektive.de
www.opferperspektive.de


Secrétaire de rédaction : Vanessa Lux
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